Une femme répond aux insultes racistes d’un inconnu envers ses enfants

Katell Pouliquen est connue pour être rédactrice en chef du célèbre magazine Elle, mais elle est avant tout l’heureuse maman de deux enfants.

Ceux-ci sont métis et Katell ne pourrait en être plus fière. Alors, quand elle se rend avec eux dans un magasin afin d’y faire ses courses le vendredi 10 février 2017 et qu’elle entend un inconnu leur dire “Partez d'ici, sales nègres”, sa réaction ne se fait pas attendre. Elle publie un long message sur ses comptes Instragram et Facebook afin de dénoncer le racisme et promouvoir cette multi-culturalité qu'elle aime tant. 

 

Mes enfants métis font mon bonheur et ma fierté. Je loue leur double culture, leur explique que, plutôt qu'être "moitié/moitié", ils sont 2 fois plus riches. 200% plutôt que 50. Je les éveille au monde sans les effrayer. Je leur offre la bio de Martin Luther King et aussi "Mes étoiles noires" de Lilian Thuram. Il l'avait dédicacé à mon fils aîné, qui porte le même prénom que le sien : Marcus. Comme Marcus Miller plus que l'empereur romain. Comme Marcus Garvey, émancipateur du peuple noir. Je les amène voir Swagger, et sans doute ce jour-là saisissent-ils comme ils sont privilégiés. Protégés ? On vit dans le 18ème. L'école maternelle est une ZEP qui fonctionne. Emile est ami avec Rayan, Louison, Aboudlaye. La routine. Mes enfants sont chez eux au manège des Abbesses, chez Jacky le boucher, Marie-Rose la libraire... Les rues racontent la France multiculturelle. Celle que j'aime. "Partez d'ici, sales negres". L'uppercut est donné au Leclerc de Saint Brieuc. Enfin, juste à côté, à Plérin, périphérie urbaine bien connue des sociologues. Je suis Bretonne. J'ai terriblement voulu fuir cette Bretagne que je chéris tant aujourd'hui. M'arracher à la promiscuité. J'ai choisi ma vie, j'ai choisi Paris. "Partez d'ici, sales negres". L'uppercut est donné par un homme d'une soixantaine d'années le 10 février 2017 en France. La même semaine, Théo se faisait violer par un policier. La même semaine, Luc Poignant, membre du syndicat Unité Police SGP-FO, estimait: "Le mot Bamboula, ça reste encore à peu près convenable". La même semaine, le magistrat Philippe Bilger twittait: "On a fait un drame de #bamboula. Me souviens de mes années collège où ce terme était presque affectueux". La même semaine, Alain Avello, membre du conseil stratégique de campagne de Marine Le Pen, invitait sur Facebook à "essayer la zoophilie" avec C.Taubira. "J'ai peur. Quand j'avais ton âge, toutes les personnes que je connaissais étaient noires et toutes vivaient dans cette peur violemment, obstinément", écrit Ta-Nehisi Coates dans "Une colère noire. Lettre à mon fils". 11 février 2017. 70 jours avant la présidentielle. Quelle lettre écrirai-je à mes fils? Je suis en colère.Violemment. Obstinément

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Mais ce qui est encore plus étonnant, c’est la réponse donnée par le magasin où ont été tenus les propos, qui soutient clairement Katell et condamne vivement le racisme.

Voir que tant de personnes s’unissent contre le racisme et n’hésitent pas à le dénoncer fait chaud au coeur. Les publications de Katell et du magasin ont reçu de nombreux commentaires positifs des quatre coins de la France. Voici enfin un message d’amour et d’espoir face à une attaque haineuse et injustifiée ! Dans ces temps sombres, cela n'a pas de prix.

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